La psychologie humaniste

L’approche humaniste est une psychologie fondée sur une vision positive de l’être humain. C’est aussi un modèle de psychothérapie qui cherche à relancer chez la personne (le patient) sa tendance innée à s’auto-actualiser, à mobiliser les forces de croissance psychologique et à développer son potentiel. Appelée aussi « la troisième force » (Third Force Psychology), la psychologie humaniste (Humanistic Psychology) est apparue à partir des années 40 aux États-Unis, surtout sous l’impulsion d’ Abraham Maslow, les deux autres grands courants étant la psychanalyse et d’autre part le comportementalisme (béhaviorisme) de John Broadus Watson et Burrhus Frederic Skinner. On associe souvent l’approche existentielle-humaniste au mouvement du potentiel humain.

Les prémisses de cette vision de l’être humain et de la relation psychothérapeutique sont posées dès 1923 par Jacob Levy Moreno, proche du philosophe Martin Buber. Le grand dessein de Moreno est de donner libre cours à la créativité spontanée de l’homme (Le théâtre improvisé). Il inventa le psychodrame (1946) et le sociodrame.

En 1943, Abraham Maslow, humaniste en ce sens qu’il était intéressé par le développement de soi, met au point une théorie de la motivation et du besoin (connue sous le nom de pyramide des besoin).

L’un des premiers courants psychothérapeutiques appartenant à l’approche humaniste a été développé par Carl Rogers, créateur de l’Approche Centrée sur la Personne, approche initialement fondée sur le principe de la non directivité. L’approche centrée sur la personne (ou Thérapie centrée sur le client) vise à libérer les tendances positives naturelles de l’être humain pour relancer les puissantes forces de changement.

Une autre grande école du courant humaniste-existentielle est la Gestalt Thérapie créée par Fritz Perls et Paul Goodman qui s’est développée aux États-Unis à partir de 1951 (Publication de Gestalt Therapy).

Une autre approche représentative des valeurs et des principes de la psychologie humaniste est la logothérapie de Viktor Frank.

La psychologie humaniste s’appuie sur l’expérience consciente du patient et introduit le postulat de l’autodétermination: il s’agit de développer chez la personne qui consulte la capacité de faire des choix personnels.

Pour Carl Rogers et les autres théoriciens de l’approche humaniste, l’être humain est fondamentalement bon, dans le sens où il évoluera toujours positivement s’il suit sa propre expérience et se débarrasse des conditionnements qui limitent sa liberté.

Caracteristique

Si ce courant n’est pas homogène, on peut citer certaines caractéristiques communes.

Tout d’abord, une conception de l’être humain qui s’exprime par les notions de respect de la personne, de responsabilité, de liberté, d’authenticité, d’expérience, de rencontre ou relation existentielle ou alliance thérapeutique (c’est-à-dire, une relation de personne à personne et non de thérapeute à patient).

Ensuite, nous retrouvons souvent les caractéristiques suivantes :

  • Vision positive de l’être humain

  • Tendance actualisante

  • Absence de diagnostic

  • Confiance dans la capacité de croissance de l’être humain

  • Principe de la non directivité

  • Accent mis sur l’expérience présente (Ici et maintenant)

  • Suppression ou atténuation de la dichotomie entre maladie et santé ;

  • Objectifs de développement, de croissance, d’épanouissement personnel ;

  • Importance de l’expression émotionnelle et de la communication non verbale.

Certaines thérapies de conscience psychocorporelles utilisant la relaxation et l’amélioration ou restructuration du schéma corporel adhèrent à ces principes et se considèrent donc partie prenante de l’approche humaniste.

L’Approche Centrée sur la Personne

CarlRogers

Carl Rogers

Fondateur de l’Approche Centrée sur la Personne

Carl Rogers (né en 1902 à Oak Park, Illinois – mort en 1987 à La Jolla, Californie) est un psychologue humaniste américain. Il a surtout œuvré dans le champ de la psychologie clinique. Son approche centrée sur la personne (ACP) met l’accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient (écoute empathique, authenticité et non-jugement). C’est une élaboration de ce qu’il a d’abord appelé la non directivité, également connue aujourd’hui sous le terme de Counseling rogerien. Une étude publiée en 2002 dans la Review of General Psychology a classé Rogers parmi les six plus importants psychologues cliniciens du XXe siècle deuxième derrière Sigmund Freud.

Selon Carl Rogers :
Chaque personne détient un potentiel positif considérable, des ressources en lui même pour s’actualiser et créer sa vie, qui ne demande qu’à se développer.
Pour que la personne se déploie dans la confiance, le mouvement, et l’authenticité de ce qu’elle est; Un climat psychologique facilitateur, est nécessaire de la part du consultant et repose sur trois attitudes fondamentales :
L’empathie
Le regard positif inconditionnel
La congruence

 

L’écoute active ?

L’écoute active est un concept né des travaux de Carl Rogers . Initialement conçue et développée dans le cadre thérapeutique de l’entretien individuel , l’écoute active est aujourd’hui promue dans tous les contextes où la relation interpersonnelle est perçue comme centrale : relation d’accueil et d’accompagnement, relation Parents/Enfants, groupes de parole, gestion des ressources humaines, management, action commerciale, relations familiales et amicales…

Dans l’écoute active, « l’Autre » a quelque chose à me dire qu’il ne me dira que si je m’intéresse à lui, et pas seulement à son message. Par l’écoute active, je permets à l’autre de se dire et de se révéler à lui-même. Mon écoute est active en ce qu’elle fait naître la parole de l’autre, elle permet à l’autre de s’exprimer véritablement.

Pratiquer l’écoute active c’est mettre en œuvre des outils qui permettent d’entendre au plus près ce que l’autre a à me dire (relance, silence, reformulation, question,…) de ce qu’il vit. Et en même temps, elle implique une attitude qui traduise chaleur, bienveillance , confiance, tout en garantissant une juste distance à l’autre, que Carl Rogers a appelé l’empathie.  Subtil équilibre, l’écoute active ne se réduit donc pas à une technique, mais est un savoir-être sans cesse à renouveler.

Concrètement, dans le cadre de la psychothérapie, cela se décline par une relation en face à face où le thérapeute intervient relativement souvent (30% du temps) pour aider le patient à aller plus loin dans sa réflexion, pour qu’il prenne du recul mais aussi pour transmettre ses connaissances en psychologie afin que le patient se les approprie, comprenne comment il fonctionne et puisse changer ce qui ne lui convient pas ou plus.